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Le mythe de l’engrais racinaire 10-52-10 : et si on tournait la page? 

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L’azote nourrit le feuillage, le phosphore nourrit les racines.
Une simplification trompeuse… mais tenace. Au final, que disent nos experts aujourd’hui?

Cet article est issu des recherches menées pour le développement d’une formation sur mesure (FSM) destinée à une jardinerie du Québec. Découvrez cette offre de service au bas de l’article. 

À l’origine, ce mythe vient de la culture en plein champ. Au printemps, dans des sols froids et pauvres en phosphore, l’ajout d’un engrais riche en P favorisait une meilleure reprise des jeunes plants : plus de racines, moins de pertes au repiquage. On a alors conclu — à tort — que le phosphore stimule la croissance racinaire. En réalité, il ne faisait que corriger une carence temporaire, causée par la faible capacité des racines à absorber le phosphore en sol froid, phénomène alors mal compris. 

L’erreur s’est amplifiée avec d’autres observations : en été, l’azote stimulait visiblement la croissance des parties aériennes, tandis que le phosphore n’avait que peu d’effet sur les tiges et les feuilles. La conclusion a rapidement été tirée : l’azote nourrit le feuillage, le phosphore nourrit les racines. Une simplification trompeuse… mais tenace. 

Après la Seconde Guerre mondiale, l’usage massif des engrais minéraux s’est généralisé, et les recommandations issues du champ ont migré vers la serre, les jardins et les aménagements paysagers. Le réflexe d’ajouter du phosphore à la transplantation s’est installé — sans réelle remise en question scientifique. 

La réalité d’aujourd’hui 

Les plantes ont besoin de très peu de phosphore pour combler leurs besoins. Or, les sols urbains et paysagers sont rarement carencés : compost, paillis, rognures de gazon, engrais à pelouse et dépôts atmosphériques fournissent déjà des apports continus. 

De plus, les substrats horticoles utilisés pour les cultures en pot contiennent largement assez de phosphore pour assurer la santé et l’enracinement des jeunes plants. En production de transplants, les doses sont même volontairement maintenues basses afin d’éviter l’effet d’allongement excessif des tiges. Bref, en ajouter davantage à la transplantation est inutile.

Phosphore et mycorhizes : un équilibre fragile 

Les mycorhizes — ces champignons du sol en symbiose avec les racines — jouent un rôle clé dans l’absorption du phosphore, de l’eau et de plusieurs micronutriments. Elles agissent comme une extension du système racinaire, améliorant la croissance, la résilience aux stress (froid, sécheresse) et la santé globale de la plante. 

Mais voilà : plus le phosphore est facilement disponible dans le sol, moins les mycorhizes sont actives. Des apports excessifs de phosphore peuvent fortement réduire, voire éliminer leur présence fonctionnelle, privant ainsi les plantes de tous leurs bénéfices. 

Une responsabilité professionnelle 

En tant que professionnels de l’industrie horticole et paysagère, persister dans l’usage systématique du phosphore à la transplantation revient à gaspiller une ressource, à augmenter les risques environnementaux — notamment la pollution des eaux — et à nuire à une symbiose naturelle essentielle pour les plantes.
Rappelons-le : 80 à 90 % des plantes horticoles bénéficient de la mycorhization, à l’exception de quelques familles, comme les choux et les betteraves.
 

Pourquoi risquer de nuire à cette alliance naturelle, alors qu’elle travaille déjà pour nous ? Ce mythe n’est pas un cas isolé. Il fait partie d’une série d’idées reçues que l’ITAQ s’emploie à déboulonner dans le cadre d’une formation horticole spécialement conçue pour le personnel de jardinerie. Cette formation, offerte sur mesure directement en entreprise, vise à outiller les équipes avec des connaissances actuelles, basées sur la science et les réalités du terrain, afin de mieux conseiller la clientèle et d’adopter des pratiques plus cohérentes, efficaces et responsables. 

Le service aux entreprises de la formation continue de l’ITAQ

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Nous sommes à l’écoute de vos besoins. Écrivez-nous à fc@itaq.ca et nous communiquerons avec vous rapidement pour discuter de votre projet. 

Claude Vallée ITAQ

Claude Vallée
Conseiller à la formation continue – Secteur horticole et agricole

Téléphone : 418 856-1110, poste 6400
claude.vallee@itaq.ca
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