Quelques plantes peuvent transformer une simple promenade ou une journée de travail en une mauvaise expérience. La grande majorité des végétaux sont inoffensifs, mais certaines espèces méritent une attention particulière. C’est pourquoi l’ITAQ souhaite faire le point, pour mieux comprendre.
Toute personne travaillant en horticulture devrait connaître ces plantes.
Découvrez les différentes catégories de plantes
Plantes phytotoxiques (brûlures activées par le soleil)
Le risque : contact avec la sève et l’exposition aux rayons UV.
- Berce du Caucase (Heracleum mantegazzianum)
- Berce commune (Heracleum sphondylium)
- Berce laineuse (Heracleum maximum)
- Panais sauvage (Pastinaca sativa)
Molécules responsables : les furanocoumarines (ou furocoumarines)
Symptômes : rougeurs, brûlures, cloques, taches pigmentées.
À retenir : ce n’est pas une allergie. Le danger provient de la combinaison entre la sève et le soleil. Toutes les personnes y sont sensibles, c’est une brûlure chimique!
Bon à savoir : le céleri, le persil, l’angélique, la livèche, la carotte sauvage et la rue en contiennent également, mais en très faibles quantités. En récolter toute une journée peut provoquer des réactions cutanées en présence du soleil. Mieux vaut porter des vêtements longs lors des récoltes abondantes.
Plantes urticantes
Le risque : contact direct avec des poils urticants.
- Grande ortie (Urtica dioica)
- Ortie brûlante (Urtica urens)
Molécules responsables : histamine, sérotonine, acétylcholine et autres.
Symptômes : les symptômes apparaissent immédiatement au contact par une sensation de brûlure, de forts picotements et provoque des rougeurs temporaires.
À retenir : l’effet urticant est de courte durée. Il s’agit d’une plante comestible et prisée par les herboristes pour ses vertus médicinales.
Plantes allergènes de contact
Le risque : réaction allergique après un contact avec la plante.
- Herbe à puce (Toxicodendron radicans)
- Sumac grimpant (Toxicodendron rydbergii)
Molécule responsable : urushiol.
Symptômes : démangeaisons intenses, rougeurs, cloques apparaissant généralement 24 à 48 heures après l’exposition.
À retenir : le premier contact avec l’herbe à puce ne provoque généralement pas de réaction, mais peut sensibiliser le système immunitaire. Par la suite, environ 85 % des personnes sont susceptibles de développer une réaction allergique à l’urushiol, souvent de plus en plus intense avec les expositions répétées. L’huile peut se retrouver sur nos vêtements et nos animaux et nous provoquer une réaction à leur contact. Ne brûlez jamais la plante : sa fumée peut provoquer une réaction grave des voies respiratoires et des poumons.
Plantes allergènes par le pollen
Le risque : inhalation du pollen.
Période | Principales espèces |
Avril à juin | Bouleau, aulne, peuplier |
Juin à août | Graminées |
Fin juillet à septembre | Herbe à poux |
Conditions aggravantes : temps chaud, sec et venteux.
À retenir : des traitements de désensibilisation existent pour certaines allergies. Parlez-en à votre médecin.
Plantes toxiques par ingestion
Le risque : empoisonnement après ingestion.
Très toxiques :
- Ciguë maculée (Conium maculatum)
- Ciguë aquatique (Cicuta maculata)
- If du Canada (Taxus canadensis)
- Morelle douce-amère (Solanum dulcamara)
- Datura (Datura stramonium)
Toxiques à divers degrés :
- Muguet (Convallaria majalis)
- Digitale (Digitalis purpurea)
- Aconit (Aconitum spp.)
- Euphorbes (Euphorbia spp.)
À retenir : on ne mange pas ce que l’on ne connaît pas.
Bon à savoir : en cas d’ingestion ou de doute, contactez rapidement le Centre antipoison du Québec. Plusieurs photos de la plante aideront à faciliter son identification et la prise en charge par la suite.
Plantes envahissantes
Le risque : espèces exotiques envahissantes qui menacent la biodiversité et la santé des écosystèmes.
À connaître : le Règlement sur les espèces floristiques exotiques envahissantes
Attention : une même plante peut appartenir à plusieurs catégories. Par exemple, être phytotoxique et envahissante.
Bon à savoir : pour l’industrie horticole, une panoplie d’outils existe pour éviter leur production et leur utilisation, dont le programme Je te remplace.
Heureusement, la grande majorité des plantes sont bénéfiques et sécuritaires. L’objectif n’est pas de les craindre, mais d’apprendre à bien reconnaître les quelques espèces qui nécessitent une attention particulière.
Mieux les connaître, c’est mieux se protéger et mieux protéger notre environnement.
Claude Vallée
Conseiller à la formation continue – Secteur horticole et agricole
Téléphone : 418 856-1110, poste 6400
claude.vallee@itaq.ca
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