Pour les responsables SQF, cette nouvelle édition représente bien plus qu’un simple exercice de mise à jour documentaire. Elle exige une lecture approfondie du référentiel, une compréhension fine des exigences et une capacité à traduire ces exigences en pratiques applicables, mesurables et auditables.
Ayant œuvré comme coordonnatrice et directrice qualité dans une usine certifiée SQF pendant plusieurs années, il est facile pour Catherine Leblanc, conseillère en formation continue à l’ITAQ, de se projeter dans la réalité des équipes actuellement en préparation : pression des échéanciers, interprétation des nouvelles exigences, attentes semblant parfois variables selon les auditeurs et nécessité de maintenir les opérations courantes.
Une continuité structurante, mais plus exigeante
Le Code SQF 10 s’inscrit dans la continuité des éditions précédentes, tout en renforçant certains fondements clés du programme. Les entreprises déjà certifiées reconnaîtront plusieurs exigences, mais devront désormais mieux démontrer leur efficacité, notamment en lien avec :
- l’analyse des dangers et des risques ;
- la justification des mesures de contrôle ;
- la validation des procédés et des contrôles critiques ;
- la vérification continue du système ;
- l’engagement de la direction ;
- la culture de salubrité alimentaire.
L’approche devient résolument plus axée sur la preuve de maîtrise, plutôt que sur la simple présence de procédures ou d’enregistrements.
Le praticien SQF : un rôle stratégique renforcé
La désignation d’un praticien SQF formé demeure une exigence incontournable du programme. Toutefois, avec l’édition 10, ce rôle prend une dimension encore plus stratégique. Le praticien n’est plus seulement le gardien du manuel SQF : il devient le chef d’orchestre du système, capable de démontrer la cohérence entre les exigences du code, les opérations réelles et les décisions de gestion.
Le praticien doit être en mesure de :
- interpréter les exigences du référentiel ;
- expliquer les choix méthodologiques de l’entreprise ;
- justifier les écarts acceptables ;
- démontrer la logique de gestion des risques ;
- et répondre de façon structurée aux questions de l’auditeur.
Cette capacité repose autant sur la connaissance du code que sur l’expérience terrain et la formation continue.
L’analyse d’écart : fondement de toute transition vers de nouvelles exigences
Qu’il s’agisse d’une première certification ou d’une transition vers l’édition 10, l’analyse d’écart (GAP analysis) constitue la pierre angulaire du processus de mise en œuvre.
Cette démarche permet :
- de décortiquer chaque exigence du Code SQF 10 ;
- d’identifier les éléments déjà conformes ;
- de repérer les lacunes ou les ajustements requis ;
- d’évaluer la robustesse des contrôles existants ;
- de prioriser les actions selon le niveau de risque.
Au-delà de l’outil technique, l’analyse d’écart favorise une appropriation réelle du référentiel et prépare le praticien à défendre son système lors de l’audit.
Gérer les zones grises : un enjeu central
Même pour les entreprises expérimentées, une nouvelle édition du code introduit inévitablement des zones d’interprétation. Le référentiel est écrit de façon normative, mais son application doit tenir compte :
- du type de produits ;
- des procédés ;
- du volume de production ;
- des ressources disponibles ;
- du niveau de maturité du système.
Vouloir appliquer chaque exigence de manière uniforme et prescriptive peut mener à des systèmes lourds, peu efficients et difficilement maintenables, sans pour autant améliorer la maîtrise réelle des dangers. À l’inverse, une interprétation trop minimale ou insuffisamment justifiée expose l’entreprise à des non-conformités majeures lors de l’audit.
C’est dans cet équilibre, appuyé par l’expertise et surtout par des activités de validation rigoureuses et documentées, que l’entreprise est en mesure de démontrer que ses procédés sont maîtrisés et que la salubrité des produits est assurée.
La formation comme levier de conformité et de performance
La formation SQF, bien qu’obligatoire pour certains rôles, constitue avant tout un outil stratégique de gestion du changement. Elle permet :
- d’interpréter adéquatement les exigences du Code SQF 10 ;
- de comprendre les attentes auditables ;
- d’identifier les pièges fréquents ;
- de travailler concrètement les zones grises ;
- d’accéder à des exemples applicables en milieu réel.
Les équipes de formation de l’ITAQ suivent activement les communications, orientations et mises à jour émises par le Safe Quality Food Institute (SQFI) afin d’offrir un accompagnement aligné sur les pratiques reconnues et le contexte réglementaire nord-américain.
À retenir – SQF Édition 10
Le Code SQF 10 met l’accent sur :
- la démonstration de la maîtrise des risques ;
- la validation et la vérification des contrôles ;
- la cohérence entre le système documenté et les opérations ;
- la compétence du praticien SQF ;
- l’engagement mesurable de la direction ;
- l’intégration de la culture de salubrité alimentaire.
Une préparation efficace repose sur :
- une analyse d’écart rigoureuse ;
- une interprétation réaliste des exigences ;
- des outils et modèles adaptés ;
- une formation ciblée, orientée vers l’application concrète.
Se préparer maintenant pour auditer avec confiance
Que vous soyez en démarche de première certification ou en transition vers l’édition 10, se préparer dès maintenant permet de réduire les risques, de structurer les efforts et d’aborder l’audit avec un système compris, maîtrisé et défendable.
Les formations offertes en formation continue à l’ITAQ visent précisément à accompagner les responsables qualité et les praticiens SQF dans cette transition, en mettant l’accent sur la compréhension technique du référentiel, la gestion des zones grises et l’implantation efficace des exigences du Code SQF 10.
Nous sommes là pour vous accompagner dans votre quête de connaissances
Prochaines formations:
- SQF 10: Nouveauté de l’édition 10
- SQF 10: Élaboration et mise en œuvre (formation complète)
- Validation des mesures de maîtrise
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Catherine Leblanc
Conseiller à la formation continue – Secteur alimentaire
Téléphone : 450 778-6504, poste 6400
catherine.leblanc@itaq.ca
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