Dans un établissement comme l’Institut de technologie agroalimentaire, ces défis peuvent surgir hors des classes, des laboratoires et de la ferme-école : santé, finances, logement, transport, conciliation des sphères de vie, etc. Cependant, les défis peuvent aussi se présenter au sein même de la formation, ou encore à cheval sur celle-ci et sur d’autres enjeux. Pour les surmonter, plusieurs étudiants se tournent vers le Carrefour de la réussite, installé au cœur même du campus.
Depuis 2015, à La Pocatière, le Carrefour accompagne les étudiants face à diverses facettes de leur quotidien à l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec (ITAQ) : gestion du temps, prise de notes, méthodes d’études, etc. Le français écrit demeure une préoccupation pour plusieurs étudiants, mais d’autres matières peuvent leur poser problème, notamment celles qui impliquent des acquis scientifiques plus importants.
Dans ce contexte, le soutien de l’enseignant demeure la première ressource à mobiliser pour l’étudiant. Cependant, tous n’arrivent pas du secondaire ou du marché du travail avec les mêmes acquis, de sorte que tous ne sont pas nécessairement égaux devant une formation d’ordre collégial, par exemple. De plus, certains étudiants ont besoin, pour un temps du moins, d’un accompagnement plus soutenu ou plus régulier, afin que leurs efforts et ceux de leurs enseignants portent fruit. C’est pourquoi environ un étudiant sur deux, au campus de La Pocatière, utilise l’un ou l’autre des services du Carrefour au cours de sa formation, certains pendant quelques heures, d’autres pendant plusieurs sessions.
Et ça fonctionne. Plus de 80 % des étudiants voient une amélioration dans l’aspect pour lequel ils ont demandé de l’aide. Cette aide, toujours complémentaire à l’enseignement, peut prendre plusieurs formes : ateliers en petits groupes, rencontres individuelles et, évidemment, le fameux tutorat par les pairs, dont l’utilité est largement documentée depuis de nombreuses années dans les milieux de l’éducation. Des enseignants viennent aussi prêter main-forte et rencontrer les étudiants dans un contexte différent, où certains étudiants parviennent à tirer un meilleur profit de leur expertise.
Afin de favoriser la réussite des étudiants, le Carrefour travaille évidemment en collaboration avec les autres intervenants, par exemple l’aide pédagogique individuelle, qui suit et adapte au besoin le cheminement de l’étudiant, ou la conseillère en services adaptés, qui voit aux plans d’intervention, lorsqu’ils sont pertinents.
Sur chacun des deux campus de l’ITAQ, le Carrefour de la réussite est ouvert à tous les étudiants, et y faire appel est une bonne stratégie. Les habiletés qui peuvent y être consolidées aident certes à réussir des cours et des épreuves, mais aussi à devenir un technologue ou un entrepreneur compétent, qu’il s’agisse de maîtriser des connaissances pointues, de communiquer adéquatement avec ses employés, ses fournisseurs et ses partenaires, d’organiser efficacement son travail ou de gérer de l’information complexe de provenance variée. Ultimement, ceci se traduit par des tâches concrètes, comme assurer la biosécurité de la ferme pour éviter la propagation de maladies, savoir quand semer, faucher, récolter, etc., choisir les bons mâles reproducteurs ou planifier des dépenses réalistes et rentables. Pour ceux qui iront à l’université, c’est aussi l’occasion de se donner une assise solide avant de continuer leur parcours.
Cet article a d’abord été publié dans la Terre de chez nous du 9 octobre 2026.
*Crédit photo : Patrick Desrochers, photographe
Vincent Morin explique quelques notions de français à une étudiante.
Vincent Morin, coordonnateur du Carrefour de la réussite
Annie Simard, enseignante en Gestion et technologies d’entreprise agricole